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Note d’intention

Notre intention principale a été la prise en compte de la librairie/galerie HO comme lieu de diffusion des livres et de promotion de la lecture.

En consultant le site Internet de la librairie/galerie et les archives des expos nous avons été frappés de voir que finalement il n’y avait pas ou peu de proposition sur sa vocation première, ou alors de façon indirecte et détournée.

Nous avons voulu travailler frontalement sur ce thème de la librairie.

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Notre première réflexion porte sur le fait que la librairie est un lieu pour le livre où il est finalement très rare, voire impossible, d’avoir une expérience de lecture satisfaisante.

Les libraires sont généralement conscients de cette difficulté, et proposent alors, en fonction de leurs moyens et de leurs espaces, des stations de lecture qui correspondent le plus souvent à une extension et un changement de destination du lieu. Quelques tables agrémentées de quelques fauteuils + un service quelconque à la personne + une ambiance.

La librairie devient rapidement un lieu de détente, et le verre de vin remplace le livre comme objet de transaction. Ou bien les libraires décrètent une incapacité de principe, et laissent faire : c’est l’enchevêtrement des jambes au rayon BD de la FNAC des Halles. Ou encore la librairie devient lieu de rencontre et de causerie et le livre se met à bavarder : les mots se transforment en paroles au micro.

D’une manière avertie, la librairie/galerie HO offre un autre compromis en séparant les deux espaces (librairie+lieu d’exposition), ou en proposant les 2 fonctions dans le même espace, ce qui revient au même : l’espace est partagé - gage que la librairie ne viendra pas dénaturer le lieu d’exposition et que le lieu d’exposition pourra jouer à plein comme tel sans être inquiété par ce qui se passe de l’autre coté.

Cette coupure ou ce partage des 2 espaces nous a semblé intéressante : elle maintient ouverte la question « que peut-il bien se passer dans une librairie, puisque décidément ce n’est pas le lieu de la lecture ? » tout en offrant une réponse qui ne cesse de varier à travers les différentes propositions des artistes.

Avec Marseille Pariétal (MaPart), nous avons voulu nous situer, si possible, avant toute réponse et pas encore dans la variation ou la modulation. Nous nous sommes donc reposés cette question : quelle lecture possible dans une librairie, en feignant d’ignorer que HO a à sa manière déjà apporté une réponse.

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Quelle annexe alors ? Quel lieu pour accueillir notre thématique ? Quelle lecture en ce lieu ? C’est tout de suite l’image de la grotte qui s’est imposée à nous, une intériorité productrice de signes : signes d’avant l’écriture pour une lecture d’avant la lecture. Une façon également de nous souvenir (en lien avec le nom de la librairie) que Georges Bataille est l’auteur d’un Lascaux que nous en avons profité pour relire. Et cette lecture nous a permis de redécouvrir ce qui se joue dans l’art pariétal : le maximum de déploiement dans le minimum d’espace. Le choix du tissu dans notre installation s’en inspire directement.

Et plus proche de nous – et sans doute aussi du narrateur du texte -, c’est à une autre figure que nous nous sommes rapportés et à qui nous dédions l’installation : le prisonnier qui laisse sur le mur une trace qu’il donne à lire à son successeur.

“Où commence et où finit la maison ?”, s’interroge le texte. Oui, où commence et où finit le texte ? pourra éventuellement s’interroger le visiteur, dérouté ou agacé, en se tournant vers l’ image qui lui livrera peut être un morceau de la réponse.

Le principe de cette image est très simple, à partir d’un point sur une carte (qui figure très exactement l’emplacement de la librairie telle qu’elle apparaît dans les registres du cadastre de Marseille, 25 r Fontange), elle embarque le texte et  transcrit l’onde de choc jusqu’à la mer produit par une lecture si elle devait réellement avoir lieu et si la grotte se mettait à émettre.

C’est en cela que l’image correspond au texte plus qu’elle ne l’illustre : elle nous donne à voir le saisissement (« c’est une alarme qui se déclenche - stridence - ») et ce qui retentit tout au long d’une ligne.

Bonne lecture !

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